
"Todas las cosas derechas mienten... Toda verdad es curva, el tiempo mismo es un círculo."
Com de fosca és la nit
que els teus ulls se’m fan clars
en reflectir-se a les aigues del riu;
com de fosca i freda
que l’ànima s’hi arronsa,
amb l’afany de captivar el record
i tot allò que resta
de l’escalfor del teu cos.
Silenci, oblit i silenci,
la teva veu és ja l’eco llunyà
del plor d’un ahir sagnant.
Com de freda és la nit
quan els teus ulls s’enfonsen
dins el pou de la memòria.
-Arnald-
16/04/2008
Un dels espectacles més esfereïdors que hi pot haver és, certament, l'aspecte general de la població parisenca, gent horrible de veure, macilenta, esgrogueïda, colrada. ¿Que potser no és París un extens camp sacsejat incessantment per una tempesta d'interessos sota la qual s'arremolina un esplet d'homes que la mort sega molt més sovint que en cap altre lloc i que sempre reneixen igualment atapeïts, i els seus rostres sinuosos, recargolats, traspuen per tots els porus l'esperit, els desigs, les metzines que els omplen el cervell? No són rostres, sinó més aviat màscares: màscares de misèria, màscares de goig, màscares d'hipocresia, totes extenuades, totes impregnades dels senyals inesborrables d'una angoixosa avidesa. ¿Què volen? ¿Or o plaer?Ce n’est qu’en un tel instant que je peux être libre vis-à-vis de tous les faits de la vie qui, auparavant, ont causé mon désespoir. Je peux reconnaître que la mer et le vent ne manqueront pas de me survivre et que l’éternité se soucie peu de moi. Mais qui me demande de me soucier de l’éternité ? Ma vie n’est courte que si je la place sur le billot du temps. Les possibilités de ma vie ne sont limitées que si je compte le nombre de mots ou le nombre de livres auxquels j’aurai le temps de donner le jour avant de mourir. Mais qui me demande de compter ? Le temps n’est pas l’étalon qui convient à la vie. Au fond, le temps est un instrument de mesure sans valeur car il n’atteint que les ouvrages avancés de ma vie.
Mais tout ce qui m’arrive d’important et tout ce qui donne à ma vie son merveilleux contenu : la rencontre avec un être aimé, une caresse sur la peau, une aide au moment critique, le spectacle du clair de lune, une promenade en mer à la voile, la joie que l’on donne à un enfant, le frisson devant la beauté, tout cela se déroule totalement en dehors du temps. Car peu importe que je rencontre la beauté l’espace d’une seconde ou l’espace de cent ans. Non seulement la félicité se situe en marge du temps mais elle nie toute relation entre celui-ci et la vie.
Je soulève donc de mes épaules le fardeau du temps et, par la même occasion, celui des performances que l’on exige de moi. Ma vie n’est pas quelque chose que l’on doive mesurer. Ni le saut du cabri ni le lever du soleil ne sont des performances. Une vie humaine n’est pas non plus une performance, mais quelque chose qui grandit et cherche à atteindre la perfection. Et ce qui est parfait n’accomplit pas de performance : ce qui est parfait œuvre en état de repos. Il est absurde de prétendre que la mer soit faite pour porter des armadas et des dauphins. Certes, elle le fait – mais en conservant sa liberté. Il est également absurde de prétendre que l’homme soit fait pour autre chose que pour vivre. Certes, il approvisionne des machines et il écrit des livres, mais il pourrait tout aussi bien faire autre chose. L’important est qu’il fasse ce qu’il fait en toute liberté et en pleine conscience de ce que, comme tout autre détail de la création, il est une fin en soi. Il repose en lui-même comme une pierre sur le sable.